



Le principe d’une journée européenne de sensibilisation sur les antibiotiques a été mis en place en 2008 à l’initiative du Centre Européen de Contrôle des Maladies (ECDC) afin d’attirer l’attention du grand public et des professionnels de santé sur cette problématique.
Le développement des résistances bactériennes a conduit la France (comme d’autres pays européens) à mettre en œuvre depuis une dizaine d’années des actions favorisant un moindre et un meilleur usage des antibiotiques.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre de "plans antibiotiques" pluriannuels, placés sous l’égide du Ministre chargé de la Santé.
Le suivi annuel national des consommations d’antibiotiques, tant en ville qu’à l’hôpital, réalisé par l'ANSM répond à plusieurs objectifs :
Evaluer l’impact des mesures adoptées et des campagnes engagées pour diminuer la consommation des antibiotiques et en préserver l’efficacité.
Fournir les données officielles françaises dans le cadre du programme européen de surveillance des antibiotiques . Ces résultats, au-delà de leur finalité statistique contribuent à mettre en évidence la disparité des situations nationales et apportent aux autorités de santé des éléments de comparaison pour guider leurs actions futures.
Suivre les évolutions qualitatives de la consommation
Le suivi du report progressif des prescriptions de certaines molécules (ou de certaines familles d’antibiotiques) vers d’autres est utile. Il est en effet indispensable de connaître avec précision l’usage des antibiotiques dits "de recours", si l’on veut éviter que les situations d’impasse thérapeutique – déjà rencontrées – ne se développent.
Ces informations peuvent conduire l’ANSM à prendre des mesures correctrices afin de promouvoir un usage adapté de ces molécules, en réservant, par exemple,leur utilisation au seul secteur hospitalier.
Réévaluer le bénéfice/risque
L'évolution des consommations ainsi que les caractéristiques des prescriptions constituent un élément important du processus de réévaluation du bénéfice /risque.
Le suivi des consommations est assuré à partir des données de ventes annuelles, tant pour la ville que pour l’hôpital, complétées par des données provenant du régime général de l’assurance maladie (consommation en fonction de l’âge et du sexe des patients, de leur lieu de résidence, de la spécialité médicale du prescripteur).
Une synthèse de ces données est désormais publiée chaque année sous forme d’un rapport consacré à la consommation des antibiotiques en France.
Ces données de consommation doivent bien entendu être rapprochées des données de résistance recueillies en France par différents réseaux. En ce sens, l’action menée par l’ANSM en matière de suivi des consommations est tout à fait complémentaire du travail réalisé par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) concernant le suivi des résistances.
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L’évaluation des antibiotiques, y compris les réévaluations du rapport bénéfice/risque prennent en compte l’évolution des données épidémiologiques de résistance.
En 2011, l’ANSM a notamment conduit la réévaluation du bénéfice/risque pour la nitrofurantoïne
et la minocycline
.
De nouvelles orientations dans le développement des antibiotiques sont prévues pour inciter à des développements ciblés sur des infections dues à des pathogènes multi-résistants. Une révision des critères d’enregistrement européens est en cours. L’ANSM participe activement à cette révision.
Par ailleurs, l’ANSM a une activité d’avis scientifique et d’accompagnement à l’innovation pour répondre à une dynamique de développement pour faire face à l’enjeu de santé publique que constitue l’augmentation des résistances bactériennes.
